Entrepreneur du mois – juin 2017 – Patrick Alioune Yanga

Entrepreneur du mois – juin 2017 – Patrick Alioune Yanga

CREDO: Bonjour  Patrick
Mr Yanga: Bonjour Oumar
CREDO: Quel est votre  parcours et d’où venez-vous ?
Mr Yanga : Je viens de Dakar et j’ai quitté très tôt l’école pour apprendre le métier de couturier au marché de Grand –Yoff.  Le patron a tout de suite remarqué que j’avais des dons pour ce métier.
Dès lors, il m’a confié la gestion de l’atelier de couture que j’ai accompli avec succès.
Fort de cette expérience, j’ai rejoint un grand couturier Sénégalais du nom de Dahan Nikme pendant deux ans.  Dans cette entreprise, j’ai également été promu chef d’atelier et le Journal Balafon avait fait un article sur moi. Ce qui était un grand honneur et une grande fierté.
Ayant toujours eu le gout de l’entreprenariat et de l’innovation, j’ai quitté Dahan Nikme pour devenir « requin », un jargon utilisé dans le métier désignant les indépendants.  Ainsi, j’ai pu travailler chez les plus grands couturiers de Dakar :
Gora DIOP à la SODIDA – Thierno Massata – Marie France – Ndaga Diokhané
CREDO: A quel moment avez-vous décidé de créer votre entreprise ?
Mr Yanga : Dans un premier temps, nous avons ouvert un atelier avec des copains couturiers au marché Grand Yoff là où j’ai appris le métier.  Ensuite, j’ai décidé de faire cavalier seul en m’installant au marché Arafat toujours à Dakar. Puis, j’ai eu des envies d’ailleurs et j’ai quitté le Sénégal pour venir en France.
Pendant mes premières années en France, j’ai travaillé en tant que vigile entre autre chez Oliver Grant. Dans cette boutique, j’ai eu la chance de côtoyer et d’échanger avec le responsable sur mes différentes expériences de couturier.
Dès lors, je lui ai proposé mes services. Suite à un essai de 15mn chez Oliver GANT, je venais de décrocher un emploi dans un domaine que je maitrise très bien et qui me passionne.
Je suis resté deux ans chez Oliver GANT.

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CREDO : Pourquoi avoir créé ?
Mr Yanga : Au bout d’un an chez Oliver GANT, j’ai eu envie de partir pour créer ma propre entreprise car je suis un meneur d’hommes. J’ai toujours eu beaucoup d’idées dans la création.
En 2012, j’ai créé ma première entreprise en France plus précisément à Lille. Je l’ai dénommée le Melting-Pot et je me suis installé  rue d’Angleterre.

CREDO : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre société ?
Mr Yanga : Le Melting-Pot  est une entreprise qui œuvre dans les domaines de la couture. La création et le mélange des cultures demeurent sa spécificité. Ayant une très grande maitrise des coutures et costumes  africains notamment  sénégalais, j’ai l’intention  de les marier avec d’autres cultures à savoir asiatiques et européennes.
Aujourd’hui, j’accueille  des stagiaires  qui viennent  d’ESMOD  et d’autres lycées professionnel.
CREDO : Parlez-nous de votre produit ou service.
Mr Yanga : Le Melting-Pot  se concentre sur deux produits et services : la retouche et la création qui sont complémentaires
La retouche permet à mon entreprise, le  Melting-Pot,  de se faire connaitre. Dans le même temps, la création va permettre de faire découvrir mon savoir-faire à ma clientèle.
La retouche concerne tous les types de vêtement tandis que la création vise :
les robes de mariages
les tenues de soirées hommes ou femmes
les tenues de ville hommes ou femmes
CREDO : Quels sont vos marchés ?
Mr Yanga : Ma première clientèle est et reste les magasins de vêtements constitués essentiellement du marché européen.  Cependant, je suis en train de faire le nécessaire pour capter  et pénétrer le marché africain.
CREDO : Quelle est la philosophie de Melting-Pot ?
Ma Philosophie se retrouve dans le nom de l’entreprise le Melting-Pot  comme son nom l’indique c’est le mélange des cultures dans le respect et la rigueur.
Mr Yanga : Ma Philosophie se retrouve dans le nom de l’entreprise le Melting-Pot.  Comme son nom l’indique c’est le mélange des cultures dans le respect et la rigueur.
CREDO : Faites-vous face à beaucoup de concurrence ? Quelle stratégie avez-vous adopté afin de relever ce défi ?
Mr Yanga : Oui il y’a de la concurrence mais elle me stimule et me motive davantage. En effet, j’ai appris mon métier au marché de grand Yoff où la concurrence était très présente car tous les 5m il y’avait un couturier. Cette concentration est également un bon moyen d’attirer le chaland et la clientèle.
Pour se différencier,  il faut avoir de la rigueur, faire un travail de qualité mais également apporter de l’innovation dans son travail.

CREDO : Comment avez-vous financé votre création d’entreprise ?
Mr Yanga : Pour financer mon entreprise, j’ai dû faire des économies quand je travaillais chez Oliver GANT pour pouvoir acheter des machines à coudre qui sont un élément essentiel de l’entreprise.  Je l’ai complété en contractant un crédit à la consommation.
En effet, je n’avais pas de compétences nécessaires pour présenter  un projet de création au banquier au regard de mon parcours  et mon faible niveau de scolarisation.
En résumé, les machines achetées ainsi que le crédit à la consommation m’ont permis de démarrer mon activité.

CREDO : Quelles ont été les principales difficultés auxquelles vous avez dû faire face ?
Mr Yanga : L’hiver 2013 a été très dur pour mon activité. J’ai dû faire face à une baisse des commandes eu égard à l’impraticabilité des routes suite à d’importantes chutes de neige.  Ainsi, mes clients n’arrivaient pas à recevoir  leurs marchandises. De ce fait, ils me confiaient moins de travail.
Par conséquent, je me suis séparé de mon unique salarié et j’ai relocalisé ma boutique à mon domicile pour faire face aux différentes charges.

CREDO : Comment organisez-vous votre  journée ? Avez-vous  des routines de travail ?
Mr Yanga : Je m’organise à la semaine en prenant les commandes en S -1 pour pouvoir livrer en S afin de satisfaire au mieux mes clients.

CREDO : Avez-vous un mentor ou un modèle ?
Mr Yanga : La personne qui m’a le plus marqué est Karl Lagerfeld de par son style et son charisme. D’ailleurs au Sénégal on m’appelait  Lagerfeld.
La rencontre avec Alphadi, le styliste nigérien m’avait beaucoup impressionné. Il m’avait encouragé par ses mots : « Continue un jour tu réussiras… »
Je suis également très respectueux des personnes qui ont réussi en partant de rien.

CREDO : Et si c’était à refaire, retenteriez-vous l’expérience ? D’une autre manière ?
Mr Yanga : Oui mais je l’aurai certainement fait différemment. Vous savez l’accumulation des expériences ainsi que les difficultés nous permettent d’avoir une vision plus large de notre activité

CREDO : Quels conseils donneriez-vous aux étudiants et aux jeunes diplômés?
Mr Yanga : Aux étudiants ainsi qu’aux jeunes diplômés qui souhaiteraient se lancer dans l’entreprenariat, je leur demande de se lancer sans hésiter.  Ils ont beaucoup d’outils notamment les nouvelles technologies qui leur permettront de réaliser leur projet.
Si j’ai réussi à créer une entreprise sans diplôme, les étudiants et jeunes diplômés n’auront aucune difficulté à le faire.

CREDO : Au nom du CREDO, je vous remercie d’avoir répondu à nos questions
Mr Yanga : Je remercie le CREDO de m’avoir donné cette opportunité.

 

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